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Du parquet dans la cuisine : bonne ou mauvaise idée ?

Ce qui abîme vraiment un parquet de cuisine, ce n'est ni l'eau ni la cuisson. Les précautions qui comptent, et celles qu'on peut ignorer.

La cuisine ouverte a réglé le débat pour beaucoup de gens : quand la cuisine et le salon ne font qu’une pièce, poser du carrelage d’un côté et du parquet de l’autre coupe le volume en deux. Reste à savoir si le parquet tient le coup. Il tient, mais pas n’importe lequel.

Les vrais risques, dans l’ordre

Contrairement à la salle de bain, l’humidité ambiante n’est pas le problème principal dans une cuisine. Les dégâts viennent d’ailleurs :

  1. Les taches. Huile, vin, betterave, curry. Sur une finition poreuse mal entretenue, une tache d’huile d’olive laissée une nuit peut marquer durablement.
  2. Les chocs. Une casserole en fonte qui tombe d’un plan de travail fait un impact net. C’est la marque la plus fréquente dans une cuisine.
  3. Le piétinement localisé. Le mètre carré devant l’évier et devant le four subit dix fois plus de passages que le reste de la pièce. C’est là que l’usure apparaît en premier.
  4. La fuite non détectée. Lave-vaisselle, arrivée d’eau du frigo américain. C’est le seul risque qui peut détruire un parquet entier.

Ce qui compte : la finition

Le choix de finition pèse plus lourd que l’essence ou le format.

  • Vernis (vitrification) — le film de surface bloque les liquides. Une tache de vin s’essuie sans laisser de trace. C’est le choix le plus tranquille en cuisine, surtout avec des enfants.
  • Huile — plus belle, plus profonde, et réparable localement : c’est son gros avantage quand une casserole a marqué le sol. Mais elle exige un entretien réel, et une tache grasse doit être traitée rapidement.

Notre comparatif des finitions détaille le coût et l’entretien de chacune sur la durée.

Le grade compte aussi

Un parquet en grade rustique, avec ses nœuds et ses variations, pardonne beaucoup plus qu’un grade Prime parfaitement uniforme. Une petite marque se fond dans les irrégularités du bois au lieu de sauter aux yeux. Pour une cuisine familiale, c’est un argument sérieux. Les différences entre grades sont expliquées dans notre article sur Prime, Select, Natur et Rustic.

Les précautions qui servent vraiment

  • Un bac de rétention sous le lave-vaisselle. Quelques euros, et c’est la seule protection contre le scénario catastrophe. Idem pour l’arrivée d’eau du réfrigérateur.
  • Un tapis lavable devant l’évier. Il absorbe les projections répétées à l’endroit exact où elles arrivent.
  • Des patins sous les chaises, surtout si la table est dans la cuisine. Les rayures de chaises font plus de dégâts que la cuisine elle-même.
  • Essuyer vite. Pas de règle compliquée : ce qui tombe s’essuie dans l’heure, et il ne se passe rien.

Les précautions inutiles

Deux idées reçues qu’on peut abandonner :

  • « La chaleur du four abîme le parquet. » Non. Un four correctement encastré et ventilé n’échauffe pas le sol de façon significative.
  • « La vapeur de cuisson fait gonfler le bois. » Non plus, dès lors qu’une hotte fonctionne. La vapeur d’une casserole de pâtes n’a rien à voir avec l’hygrométrie d’une salle de bain.

Et la pose ?

La pose collée est préférable en cuisine, pour la même raison qu’en salle de bain : en cas d’infiltration, l’eau ne se répand pas sous toute la surface. Elle offre en prime un sol plus stable sous les pieds et un son plus mat. Les trois modes de pose sont comparés dans cet article.

Le verdict

Du parquet en cuisine, oui — avec un contrecollé, une finition adaptée, un grade qui pardonne et un bac sous le lave-vaisselle. Ce qui tue un parquet de cuisine, ce n’est presque jamais la cuisine : c’est une fuite qu’on n’a pas vue pendant trois semaines.

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Sources